Leprogrès.fr, le 06/03/2016.

Plusieurs demeures de prestige sont en vente dans la Loire. Tour d’horizon avec des agents immobiliers sur ces biens hors normes.

Si dans certains arrondissements parisiens, contre un million d’euros, on peut espérer acheter un appartement de seulement 100 m² , dans la Loire, pour un tel investissement, on peut mener une vie de château. Certains acheteurs n’hésitent d’ailleurs pas à acquérir ces demeures de prestige du département. « Aussi bizarre que cela puisse paraître, on propose souvent ce genre de produits à la vente. On a pas mal de châteaux sur notre territoire, notamment dans le Roannais. Et on les vend », sourit Michelle Sana, agent immobilier chez Le Tuc Immo, basée à Montbrison. « Bien sûr, ce n’est pas donné à tout le monde ». Et visiblement pas aux Ligériens. « Les clients des biens à un million d’euros ne sont pas de la région », avoue Michelle Sana. Constat identique de Jérôme Drevet. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cet homme, spécialisé dans l’immobilier d’exception, a basé son agence Jadi à Lyon. « Là, les contacts qui recherchent ce type de biens sont plus nombreux ».

C’est dans cette clientèle lyonnaise, qu’il va peut-être trouver les acquéreurs pour les deux châteaux du Roannais qu’il a été mandaté de vendre.

Comme la spécialiste de l’immobilier de l’agence montbrisonnaise, Jérôme Drevet reconnaît que le marché est actuellement « compliqué, avec un très net ralentissement des ventes » dans le Roannais, comme à Saint-Étienne. « Même sur les biens d’exception ». Ils sont disponibles « depuis un certain temps », glisse laconiquement Jérôme Drevet. Par « souci de confidentialité » vis-à-vis de ces clients, il préfère rester discret sur la date de mise en vente de ces deux châteaux. Pour ne pas obérer une potentielle négociation avec des acheteurs.

« De toute façon, ils négocient tout le temps. C’est un sport national », glisse-t-on à l’agence montbrisonnaise.

La discrétion reste de mise dans la profession, notamment avec la clientèle haut de gamme. « Les gens ne veulent pas tous divulguer qu’ils souhaitent se séparer de leurs biens », explique l’expert lyonnais des très beaux produits immobiliers. « Aucune annonce, ni sur Internet, ni ailleurs n’est parue. Je ne peux donc pas en parler : c’est un rapport de confiance avec mes clients. »

Les vendeurs lui savent d’ailleurs gré de leur épargner les visites de simples curieux. « Je ne suis pas là pour proposer des visites touristiques », lâche Jérôme Drevet, visiblement agacé par des précédents. « Ce n’est plaisant ni pour moi, ni pour les propriétaires. » Le rôle de cet agent immobilier est donc « d’écrémer » les visites, de déceler les acheteurs potentiels « à la surface financière suffisante pour ce genre de biens ».

En attendant, tous les agents immobiliers restent très évasifs sur la situation géographique exacte de ces biens exceptionnels. D’autres refusent même de communiquer sur ces luxueuses bâtisses. À produits atypiques, méthode de vente hors normes.

VÉRONIQUE MIOT

Source : leprogres.fr